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Peux-tu raconter un peu tes débuts en matière de littérature ? Je sais que tu t'es beaucoup investi dans l'écriture de nouvelles et l'univers des revues, des concours... Tu as eu une vie littéraire assez active avant même de publier ton premier roman...
Mes débuts ont été chaotiques en ce sens que je m'éparpillais dans toutes les directions : romans, nouvelles, scénarios de BD (j'allais au Salon d'Angoulême pour y rencontrer des dessinateurs), scénarios de courts-métrages, livres pour enfants (avec un ami dessinateur)... Presque toutes les formes d'écrits m'intéressaient. Puis, petit à petit, j'ai commencé à voir que je me sentais bien plus à l'aise dans les univers du roman et de la nouvelle. Mais je pense que mes tentatives avortées (en particulier dans le domaine des scénarios de BD) m'ont enrichi, m'ont enseigné des choses qui me servent aujourd'hui dans l'écriture des romans et des nouvelles. Par exemple : il faut avoir passé trois heures sur une planche de BD à concentrer, encore et encore, les dialogues (qui submergent les dessins...) pour s'imprégner du concept bien connu des scénaristes de « moins et mieux »...
Dans quelles circonstances as-tu été amené à publier Un monde hostile, ton premier polar ?
Le plus classiquement du monde : j'ai écrit ce roman avec plaisir, avec passion. Puis je l'ai posté à une dizaine d'éditeurs. Et il y a eu un oui !
Ton éditeur était une structure de dimension très modeste, et de fait, il n'a guère tardé à mettre la clé sous la porte : dans quel état d'esprit se trouve t-on lorsque son premier livre ne bénéficie pas forcément du soutien que l'on pouvait imaginer ?
Ah... Tu ravives de vieux souvenirs parfois amers... Disons que coexistaient en moi la joie d'être publié et la déception de voir que mon livre n'était quasiment nulle part (pratiquement aucune librairie ne l'avait ; par contre on pouvait le commander). C'est à partir de ce moment que j'ai commencé à découvrir les rouages complexes du monde de l'édition, de la diffusion, de la distribution, des librairies, de la presse... Pour un auteur, tout n'est pas terminé quand le livre est publié, il faut s'attendre à se heurter à de nouveaux problèmes... Mais, néanmoins, je garde un bon souvenir de cette aventure, même si elle s'est terminée par un naufrage.
Peux-tu revenir sur les circonstances qui t'ont conduit à faire partie aujourd'hui de la prestigieuse collection Grands détectives des éditions 10/18 ?
Eh bien, là encore, il n'y a pas de révélation. J'ai posté le manuscrit du 2e roman de cette série, « Chasse au loup », à 10/18. (Le premier roman, « Les proies de l'officier », avait été publié en grand format chez NiL Editions, mais NiL Editions a interrompu la publication de la série, à la suite d'un changement de ligne éditoriale). Puis, un mois plus tard, un samedi soir, vers 21H30, le téléphone a sonné. C'était Jean-Claude Zylberstein ! Nous avons longuement discuté. Il a accepté le manuscrit, acquis les droits poche de « Les proies de l'officier » et les 2 romans sont parus simultanément en mars 2005, chez 10/18.
Il faut à tout prix éviter l'automatisation ! Dans une série, avant de débuter chaque nouveau livre, il faut s'interroger sur les moyens d'éviter la routine, les redites... Quels sont les thèmes que l'on n'a pas encore abordés et auxquels on tient ? Quelle va être l'intrigue ? Comment ont évolué les personnages de la série depuis le roman précédent ? En réalité, ce danger de se répéter, de ne pas se renouveler existe à chaque fois que l'on s'apprête à écrire, même en-dehors du cadre d'une série... C'est un problème qui interroge chaque auteur. Se répéter, quelque part, c'est « tuer son écrit ».
Ton profil concouriste publiant en revues confidentielles devenu auteur professionnel est de nature à susciter l'espoir chez bon nombre d'amateurs, souvent désarmés face aux réalités de l'édition. Quels conseils pourrais-tu leur donner ?
Je n'aime pas donner des conseils. D'abord, ce serait arrogant. Ensuite, il faut absolument éviter les « conseils » qui aboutiraient à définir une démarche standardisée ! Pas de pensée unique ! C'est la diversité des vécus, des parcours, des motivations qui permet la diversité des écrits. Donc, moi, je suis passé par l'univers de la nouvelle (et je continue à en écrire), j'ai beaucoup voyagé et mon métier de psychiatre enrichit mon univers littéraire. Mais il existe tellement d'autres voies : le journalisme, écrire des critiques littéraires, la BD, le cinéma, les courts-métrages, le théâtre, toute expérience de vie, la littérature expérimentale... Quand aux réalités de l'édition, on les découvre petit à petit, au fil de son parcours. On peut aussi lire des articles à ce sujet dans diverses revues littéraires.
Tu viens de publier La mémoire des flammes chez 10/18. Quels sont tes projets littéraires pour l'avenir ?
Je continue à écrire des nouvelles (même si, malheureusement, il est extrêmement difficile d'arriver à ce qu'elles soient publiées...), je songe au quatrième roman de ma série historique et policière et je réfléchis également à un projet de roman contemporain (qui serait peut-être hors genre, donc de littérature générale). Mais tout cela va s'étendre sur plus d'une année, bien sûr... Merci pour tes questions !
Merci pour tes réponses...
Publié par Genève à 09:43:26 dans Les petits noirs de Stéphane Laurent | Commentaires (0) | Permaliens
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